Les femmes dans l’Ancien Testament – Sara

Cet article est le premier d’une série consacrée aux femmes dans l’Ancien Testament et leurs représentations dans l’art. Je vais ainsi tenter de mettre en lumière quel(s) regard(s) les arts, a travers le prisme religieux, ont porté sur le sexe féminin au fil des siècles. Et comme il y a pas mal d’éléments cocasses dans l’Ancien Testament, ce sera l’occasion de se marrer un peu !

L’Ancien Testament

« Ancien Testament » est le nom que les chrétiens donnent aux écrits sacrés du judaïsme. En effet, au IVe siècle, l’Ancien Testament est rattaché à la Bible chrétienne – le « Nouveau Testament » – pour en constituer sa première partie, qui raconte l’histoire du peuple juif, de la création du monde jusqu’à son alliance avec Dieu. L’Ancien Testament est constitué par :
Le Pentateuque : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome.
Les Prophètes : en deux sections, l’une avec les livres de Josué, des Juges et de Samuel qui racontent l’histoire d’Israël – de Canaan à l’établissement des Rois. L’autre comprend les écrits des Rois d’Israël.
Les Hagiographes : ils rassemblent des écrits très variés : les Psaumes, les Lamentations, les Proverbes, le Cantique des Cantiques, etc
L’Ancien Testament a été transmis oralement dès le XIIIe siècle avant JC et sa rédaction s’étend du XIe jusqu’au VIe av JC, en de multiples versions. Comme il a été assimilé par la religion chrétienne dès le IVe siècle, en art, son iconographie a été aussi bien traitée par les artistes que celle du Nouveau Testament. 

Saraï – La malédiction de la stérilité

D’après l’Ancien Testament, Saraï aurait vécu vers 1800 av JC. Née dans la ville chaldéenne d’Ur (en actuel Irak), le premier fait qui est mentionné à son sujet est son intelligence supérieure à la moyenne sa stérilité. En effet, c’est – paradoxalement – cette incapacité à procréer qui va lancer la lignée des ancêtres du Christ. Car Dieu, tel un Houdini des temps anciens, interviendra pour mettre un peu d’ordre dans ce chaos typiquement féminin. Oui car Saraï s’est mariée à Abram et à aucun moment les écrits ne mettent en doute la fertilité de monsieur ! Abram est le chouchou de Dieu car c’est son premier prophète. Le divin lui annonce qu’il va « le faire devenir une grande nation »  c’est-à-dire qu’il aura une descendance nombreuse et illustre (coucou Jésus).  

Donc Abram rencontre Saraï à Ur et c’est le coup de foudre. Le jeune homme, qui a un abonnement premium avec Dieu, convainc Saraï de s’abonner d’adhérer aux préceptes divins. Le couple part pour la Terre promise de Canaan (actuel Israël) et s’y installe. Mais pas pour longtemps… En effet, la famine frappe la population et, démunis, Abram et Saraï partent se réfugier en Égypte et demandent à être auditionnés par le Pharaon pour obtenir son aide.

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Le départ d’Abraham pour la terre de Canaan, Jacopo et Francesco Bassano, vers 1570-71, huile sur toile, National Gallery du Canada, Montreal

Saraï, ou la monnaie d’échange

Le roi égyptien, en voyant Saraï s’approcher, a le slip qui chauffe au max : Saraï est une très belle femme et il la veut. Abram sue à grosses gouttes : s’il refuse sa femme au Pharaon, il se fera certainement pulvériser sur place. S’il lui cède, il sera très triste et déshonoré, tout comme elle.

Pharaon : – Je la veux.
Abram : – Ok pas de problème, c’est ma sœur de toute façon.

MAIS QUOI ? Abram a vrillé et a fait passer sa femme pour sa sœur comme ça le Pharaon peut disposer d’elle tranquillou ! (mais c’est un petit mensonge puisqu’il serait son demi-frère…) Le Pharaon est ravi et, pour remercier Abram de cette transaction rondement menée, il le couvre de présents : des chameaux, du bétail, des esclaves féminins et masculins, des ânes, etc,.

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Petrus Comestor, Bible historiale, 1371-1372, Bibliothèque Meermanno Koninklijke, La Haye

Ci-dessus, une enluminure qui représente Abram qui cède sa femme Saraï au pharaon. Il est intéressant de noter l’occidentalisation des personnages qui n’ont clairement pas l’air d’être originaires du Moyen-Orient ou d’Égypte. Cela est dû au fait que les représenter ainsi, permettait au contemplateur/lecteur de mieux s’identifier à leur histoire et donc aux messages délivrés par la Bible. De plus, au Moyen Âge, les femmes saintes étaient souvent citées en exemple dans les livres de morales destinés à un public féminin. Ainsi, ce genre d’illustrations favorisait l’identification pour adopter leur piété exemplaire. 

Durant toute la nuit, Abram fait la bamboche avec ses cadeaux pria pour Saraï et elle : « étendue face contre terre, cria « Maître du monde, Abram a quitté sa terre armé de tes promesses, et moi je ne suis partie qu’armée de ma seule confiance, or lui est maintenant hors de prison, et moi, j’y suis encore ! » Et Dieu lui répondit « Tout ce que je fais, je l’accomplis pour toi, et tous diront : « C’est à cause de Saraï, la femme d’Abram » Ainsi, Saraï agit de façon désintéressée, car sous la contrainte, alors qu’Abram sauve sa peau, guidé depuis le début par Dieu et ses promesses. Malgré le subterfuge initié par Abram, Dieu déchaîne sa colère sur le Pharaon et sa maison pour le punir d’avoir voulu disposer de Saraï. Le texte ne précise pas si le roi égyptien a abusé de la jeune femme. Au petit matin, le pharaon demande des comptes à Abram (« Quoi, c’est pas ta sœur ?! ») mais ce dernier reste muet ; il est renvoyé du palais avec sa femme.

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Pharaon qui rend Sara à Abram, Isaac Isaacsz, 1640, Rijksmuseum, Amsterdam

Ton corps sera le mien 

De retour chez eux, la promesse divine d’un enfant à naître est renouvelée à Abram ; mais Saraï est toujours stérile. Elle prend alors la décision de mettre leur esclave Agar dans la couche d’Abram.

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Sarah présentant Agar à Abraham couché, Stomer Matthias, début XVIIe siècle, huile sur toile, collection privée

Il est intéressant de comparer cet épisode peint de deux manières différentes (ci-dessus et ci-dessous) par le même artiste, Stomer Matthias. Tout d’abord, ce qui les rapproche : Stomer était un peintre hollandais, fortement influencé par l’utilisation du clair-obscur, technique phare du peintre italien le Caravage (1571-1610). Une source de lumière éclaire vivement, tel un projecteur, un environnement très sombre, créant ainsi de forts contrastes. Souvent, cette lumière a un rôle symbolique. Dans le tableau ci-dessus, elle provient de la torche que tient Saraï entre son époux et la servante. Ainsi, Saraï est désignée comme l’instigatrice de cette union, c’est elle qui en tient littéralement la flamme en cédant sa servante à son mari. 

Sarah présentant Agar à Abraham couché'' Stomer Matthias

Sarah présentant Agar à Abraham couché, Stomer Matthias, début XVIIe siècle, huile sur toile, musée Condé, Chantilly

Ce deuxième tableau peint par Stomer, montre comme dans le premier, Abram qui est prêt à prendre la main d’Agar. Mais Saraï est en retrait, ne se tenant plus entre les deux futurs amants. Ainsi, la flamme sur un brûloir suspendu, tient d’elle-même entre Abram et Agar. Cette dernière est plus dénudée que dans l’oeuvre précédente, renforçant l’impression que la partie de jambes en l’air est vraiment sur le point d’arriver mais aussi que les deux protagonistes l’ont acceptée – tout de même sous la contrainte du côté d’Agar. Tout comme le Caravage qu’il admire, Stomer ne cherche pas à idéaliser les corps âgés, contrairement à ses prédécesseurs et à la majorité de ses contemporains artistes. En effet, dans les deux versions, Abram présente un corps qui est « cohérent » pour un vieil homme (malgré le fait que le prophète soit quasi centenaire…).

Sarah présente Agar à Abraham - Adriaen van der Werff

Sarah présente Agar à Abraham, Adriaen van der Werff, huile sur toile, fin XVIIe siècle

Et ce n’est pas le cas dans le tableau ci-dessus ! Adriaen van der Werff représente le torse d’Abram comme celui d’un jeune homme. Est-ce pour renforcer son côté divin de FÉCONDATOR ? De plus, ce style de personnage masculin rappelle fortement les représentations de Zeus/Jupiter (cf ci-dessous) : un homme d’un certain âge (= sagesse, Dieu des dieux) au corps d’athlète séduisant car il trouvait toujours un subterfuge pour séduire ses proies (se transformait en beau jeune homme, en nuage, en pluie d’or…). Aussi, il est issu de l’iconographie antique gréco-romaine, alors revenue à la mode depuis la Renaissance. 

Jupiter et Junon ou Zeus et Hera, Annibale Carracci, 1597,

Zeus et Hera, Annibale Carracci, 1597, huile sur toile, Galerie Farnèse, Rome

Mais revenons à nos moutons : les soieries, le geste pudique d’Agar, le corps et la pose à la fois détendue et rassurante d’Abram, tout reflète le style de Van der Werff. En effet, l’artiste a l’habitude de peindre des scènes dans un style délicat et raffiné, manière très appréciée en Europe de la fin du XVIIe, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Ainsi, malgré le drame que s’apprête à vivre Agar, cette scène peinte est empreinte d’une atmosphère plutôt douce et calme. De même, depuis le Concile de Trente débuté en 1545, l’Église prône le beau en art. Car le beau élève l’âme et donc rapproche de Dieu. C’est pourquoi, un corps tout fripé de pépé brouillerait quelque peu la connexion avec le divin, donc on lisse tout ça et on met de beaux abdos.
Ci-dessous, un autre exemple d’un Abram idéalisé, plus proche du dieu Zeus que d’un homme âgé de 100 ans : 

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Sarah présentant Agar à Abraham, Louis Jean François Lagrenée, vers 1781, huile sur toile, Museum of Fine Arts, Boston

Pif paf pouf, Abram et Agar font leur affaire et quelques temps après, la servante égyptienne est enceinte. Quand l’enfant naîtra, Saraï en obtiendra la garde exclusive, comme si c’était le sien. Comme un petit air de The Handmaid’s tale… Durant sa grossesse, Agar exprime sa colère provoque sans arrêt Saraï qui la supporte de moins en moins. Abram, sur la demande de son épouse qui n’en peut plus, la vire de chez eux, ras-le-bol de tout ce cirque ! Sur la route, un ange intime à Agar de revenir chez les vieux, où elle finit par accoucher d’un fils, Ismaël. 

Et elle devint le réceptacle du miracle

Treize ans plus tard, la ligne directe avec le divin reprend du service, et Dieu décide de rebaptiser le couple Abram/Saraï en « Abraham » et « Sara »Puis il leur annonce : « Je la bénirai, en te donnant par elle aussi un fils ; je la bénirai en ce qu’elle produira des nations et que des chefs de peuple naîtront d’elle. » Sous l’ordre de Dieu, Abraham coupe sa knacki se circoncit – ainsi que ses esclaves masculins et Ismaël – pour passer une alliance avec le divin.

Le temps passe, Abraham et Sara vieillissent et n’ont toujours pas d’enfants. Un jour, trois étrangers se présentent à leur domicile et demandent l’hospitalité. Le couple les fait asseoir sous leur chêne ; Sara leur prépare des gâteaux tandis qu’Abraham va chercher un veau pour qu’il finisse dans leurs assiettes. Durant le repas, Sara reste à l’intérieur de leur tente quand les étrangers révèlent à Abraham leur nature divine. Ils sont en réalité trois anges qui lui annoncent que, malgré la stérilité de Sara et l’âge avancé du couple (100 ans pour Abraham, 90 pour Sara), elle attendra un fils, Isaac.

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Abraham et les trois anges, détail d’une mosaïque de San Vitale à Ravenne, 547 ap JC

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Abraham et les trois anges, Giovanni Andrea de Ferrari, XVIe siècle, Saint Louis Art Museum

On peut noter, que ce soit dans le texte religieux ou bien dans l’art, Sara est cantonnée à faire la popote dans la tente alors qu’à l’extérieur, trois anges et son mari parlent détente de ce qui poussera bientôt dans son ventre. Elle qui désire ardemment un enfant et qui fait preuve d’une grande piété, ne prend pas directement part à ce qui se joue à quelques mètres d’elle. C’est encore une fois Abraham qui a le privilège d’être en contact avec le divin.

Rares sont les représentations qui les montrent à un pied d’égalité, autour des anges, comme dans cette peinture sur bois du XVIe siècle :

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Visite des trois anges à Abraham, Maître de la trinité, XVIe siècle

Sara tomba bel et bien enceinte et à peine Isaac fût-il sevré, qu’elle concentra à nouveau son attention sur la servante Agar et le premier fils d’Abraham, Ismaël. Abraham était fier comme un coq d’avoir ses deux fils sous son toit mais Sara demanda une nouvelle fois à ce que la mère et l’enfant soient chassés pour que son fils Isaac soit le seul enfant légitime d’Abraham. À contre cœur, ce dernier obéit et Agar et Ismaël durent partir, cette fois-ci pour de bon, équipés d’un seul pain et d’une cruche d’eau.

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Agar et Ismaël chassés, Govert Flinck, 1640-42, huile sur toile, Gemäldegalerie, Berlin

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Agar et Ismaël bannis par Abraham, Pièrre Joseph Verhaghen, 1781, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten, Antwerpen

Isaac le fils prodige a grandi et Dieu rebranche la fibre optique pour s’adresser à Abraham : pour tester sa foi, il lui demande d’effectuer un sacrifice pour lui. Égorger son propre fils ! Abraham, en tant qu’abonné premium, se résigne à obéir. Ainsi, il dit à Isaac qu’ils vont tous deux aller sur le Mont Moria pour offrir un agneau en sacrifice à Dieu. Arrivés en haut, le père dégaine son coutelas, s’apprêtant à égorger Isaac, quand un employé France Télécom un ange apparaît et stoppe son geste. Abraham a prouvé sa foi en Dieu, pas besoin qu’il zigouille son fils.

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Le Sacrifice d’Isaac, Le Caravage, v. 1603, huile sur toile, Galerie des Offices, Florence

Sara s’éteint peu de temps après cet épisode. Une version dit qu’elle n’aurait pas supporté le choc de savoir son mari parti pour égorger leur seul enfant et serait morte de chagrin, âgée tout de même de 127 ans.

Toute sa vie durant, Sara souffrit de sa stérilité, s’accrochant aux promesses divines. Malgré la grande piété dont elle fit preuve, c’est son mari qui était directement au contact de Dieu, alors qu’elle n’était que le réceptacle du miracle divin. Les artistes ont, la grande majorité du temps, respecté les textes sacrés. C’est pourquoi, Sara est très souvent représentée toute fripée, car la stérilité était directement associée à la vieillesse. Cela renforce le miracle divin et donc la foi des croyants. Son statut de « femme de.. » l’a très souvent reléguée au second plan (voire faite disparaître) dans les compositions ; c’est Abraham qui a la part belle, car premier des patriarches, premier des prophètes.

La suite au prochain épisode, pour découvrir les autres figures féminines de l’Ancien Testament dans l’art !

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Sources :

  • Baladier Charles (dir), Lapierre Jean-Pie (dir), La petite Encyclopédie des Religions, éditions du Regard, Paris, 2000
  • Bebe Pauline, Isha, Dictionnaire des femmes et du judaïsme, Calmann-Lévy, 2001
  • Debray Régis, L’Ancien Testament à travers 100 chefs-d’oeuvres de la peinture, Presses de la Renaissance, Paris, 2003
  • Maës Gaëtane, cours sur : L’introduction à la peinture et aux arts graphiques en Hollande et en Flandres au siècle d’or, Université de Lille 3, 2015
  • Podcast – Passion médiévistes – Interview de la doctorante Noémie Marijon : https://passionmedievistes.fr/episode-6-noemie-et-abraham/
    Aussi, je remercie grandement Noémie Marijon ainsi qu’Ariane Aujoulat d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

5 réponses sur « Les femmes dans l’Ancien Testament – Sara »

  1. Ping: Les femmes dans l’Ancien Testament – Les filles de Loth – Mieux vaut art que jamais

  2. Ping: Les femmes dans l’Ancien Testament – Rébecca – Mieux vaut art que jamais

  3. alexandre

    Saraï ou Sarah avait comme prénom Yiska et avait une soeur, Milka, toutes deux sont filles de Haran, frère d’Abram ou Abraham. On voit le mariage consanguin ou endogamique pratiqué par cette tribu à cette époque. Elle reçoit d’Elohim une bénédiction autre que celle d’Abraham : Je la bénirai, en te donnant, par elle aussi, un fils je la bénirai, en ce qu’elle produira des nations et que des chefs de peuples naîtront d’elle – Gn 17/16. C’est Elohim qui donne un fils – ce qui signifie ici que ce Fils n’est pas d’Abraham, mais d’Elohim. Ceci ne vous rappelle rien – Marie et Joseph et la visitation de Gabriel comme la visitation d’Elohim à Mamré – Gn 18.1. Isaac est Fils d’Elohim et de Sarah, d’ou Jacob-Israël, mon Fils premier né.

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